
Comment
prendre au sérieux un jeune homme qui met de côté ses
films expérimentaux pour finir un remake de Godzilla, le célèbre CHICKENZILLA, le poulet géant qui menace
l’univers !
L’envie
de rire ou de nous moquer passe vite quand on voit BRISE LARMES.
Gilles y a utilisé des images de famille, des images où l’on
voit quelques moments de bonheur simple immortalisés. Parce que justement,
c’est l’immor- talité qu’il cherchait à taquiner.
À la mort de son père, Gilles décide de se plonger dans
les images qui lui reste de lui, les images du passé mais aussi les
images difficiles d’un homme malade et dont le corps s’affaiblit.
Ce film, je l’ai découvert pendant la traditionnelle séance
des Brigades SMarti en 2003.
Une musique où se mêlent "apaisement et tristesse"
nous entraîne, nous guide, un équilibre fragile s’établit.
Le film se déploie et comme lorsque j’avais vu pour la première
fois BALAM, le précédent film de
Gilles, le film m’emporte.
Je
ne connais pas Gilles ou très peu, mais à travers ces deux films,
j’ai l’impression de le comprendre ou du moins, que ces films
ont quelque chose à me dire.
Gilles
Touzeau
est né en 1966 à Lille.
C'est très tôt, dès 1980, que Touzeau s'initie aux joies
du Super-8, réalisant des parodies de films célèbres.
Ce sont ces films qui lui permettront de participer à des festivals
orientés vers "un cinéma narratif de genre". Après
quelques détours, il entre à l'UFR d'arts Plastiques & Science
de l'Art de Paris 1 - Sorbonne en 1994 où il s'inscrit au cours de
Stéphane Marti. Il y approfondira sa pratique du médium et deviendra
l'un des plus fidèles brigands des Brigades SMarti. Aujourd'hui, Il
est aussi professeur certifié en Arts Plastiques.
On est loin de la vie exposée sans
retenue, loin d’une intimité livrée aux chiens ou d’une attitude arty à la mode, Gilles parvient
en travaillant l’image au corps, en la démultipliant en la refilmant
à la rendre presque organique. Ce qu’il nous donne à partager
n’est pas une confession mais un ressenti, le medium
- le Super-8 - en digne élève de Stéphane Marti devient
une matière première, une matière souvenir (BRISE LARMES )
ou une matière peinture (BALAM).
Je lis parfois Tête de l'art,
le fanzine de Gilles , il y parle de ses doutes et de la façon dont l’homme
perplexe qu’il est, va à la rencontre des images.
J’ai vu ses films avant de lire ses textes (je n’aime pas lire trop de choses avant). Je ne me souviens, dans BRISE LARMES, que de moments de bonheur, d’une fugacité de l’image et sans rien savoir de l’histoire - celle qui n’est pas entièrement dans le film - je me souviens que les moments de bonheurs créent un manque et que lorsque la lumière s’est rallumée, ce soir-là, nous avions tous partagé quelque chose que nous n’arrivions pas forcément à exprimer, que nous n’avions pas forcement compris.
Élodie Jane
BRISE-LARMES
2003-2004
Super-8 couleur, 10 minutes
BALAM
2001-2002
Super-8 couleur, 19 minutes
CELLULES
GRISES
2000
Super-8 couleur, 8 minutes
LE
JOURNAL D'UN CHIEN
1997-1999
Super-8 couleur,
8 minutes
L'IMAGINAIRE
CLASSIQUE
1996
Super-8 couleur, 5 minutes
SANS
TITRE
1996
Super-8 couleur, 6 minutes
LE
MUR
1995
Super-8 Noir & Blanc, 5 minutes
AUVERS
1994
Super-8 couleur, 4 minutes