L’Avant-garde (1918-1930)
Dans les années 1920, alors que le cinéma était déjà techniquement acquis, et qu’on commençait à se demander s’il ne s’agissait que d’un divertissement ou s’il allait pouvoir devenir un art, on vit apparaître un mouvement de cinéastes qui prit le nom d’ « avant-garde », prônant un cinéma « pur ou intégral » avec son langage propre, afin d’en faire le 7ème Art.
Ces cinéastes de l’avant-garde expérimentèrent de nombreux procédés (surimpression, prismes, montages rapides, etc.), et réutilisèrent les moyens techniques de la photographie (fragmentation et grossissement). Ils revendiquèrent une pratique artistique non soumise à l’approbation du grand public, et un cinéma totalement abstrait apparut, fait de lignes et de volumes, ne montrant plus mais évoquant et faisant ressortir dans le mouvement des lignes des sensations qui ne sont possibles que grâce à lui (Hans Richter et Vikking Eggeling en Allemagne, Henri Chomette en France). La forme devait primer sur l’histoire. De plus, les cinéastes de l’avant-garde développèrent l’utilisation de caméras plus petites et moins coûteuses, rendant le cinéma financièrement accessible aux amateurs. Puis ils organisèrent le réseau des ciné-clubs, dont la vocation était de passer les films mis à l’écart des circuits commerciaux et d’organiser des conférences et des rencontres avec les réalisateurs. En 1929, les ciné-clubs s’organisèrent en Fédération, avec à leur tête Germaine Dulac.